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Avant liquidation, Ynsect a bénéficié de 148 millions d’euros de financements publics

Pour expliquer l’échec du projetle ministère cite des « difficultés techniques et industrielles ».

La start-up Ynsect, spécialisée dans la production de protéines et d’engrais à base d’insectes, liquidée au début de décembre, a bénéficié d’environ 148 millions d’euros de financements publics depuis 2012, a appris l’AFP jeudi auprès du ministère de l’Économie et des Finances.

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« Entre 2012 et 2025, les financements publics représentent environ 148 millions d’euros, dans un ensemble où les investisseurs privés restent largement majoritaires », a indiqué à l’AFP Bercy, sollicité au lendemain de la publication d’un article de Mediapart sur le sujet.

Parmi ces subsides, « au titre du programme d’investissements d’avenir (PIA) et France 2030, environ 8 millions d’euros de subventions et 76 millions d’euros en fonds propres et obligations convertibles », précise cette source, qui voit dans la faillite de l’entreprise « les risques de l’innovation industrielle dans un secteur encore jeune ».

« Le projet reposait sur une technologie de rupture, avec des risques techniques, industriels et financiers élevés dès le départ », dit cette source, plaidant que « le soutien public avait une logique stratégique claire : souveraineté alimentaire, innovation industrielle et transition écologique ».

« Ynsect on y a cru »

Pour expliquer l’échec du projet, jugé largement surdimensionné par d’anciens salariés, le ministère cite des « difficultés techniques et industrielles », l’impact du Covid-19 ou de la flambée des coûts de l’énergie après l’invasion russe de l’Ukraine.

Spécialisé dans l’élevage et la transformation d’insectes pour l’alimentation animale, humaine et les engrais, Ynsect a levé au total 600 millions de dollars auprès d’investisseurs depuis sa création en 2011, y compris de la banque publique d’investissement BPI France. Interrogé sur le sujet à la mi-décembre par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, son directeur général Nicolas Dufourcq avait expliqué avoir « cru » dans le projet.

« On nous demande de soutenir, soutenir, soutenir, et quand on soutient, soutient, soutient, on est des branquignoles. Non ! Ynsect on y a cru, on a voulu y croire », avait-il plaidé. « Des entreprises qui produisent à base d’insectes, il y en a trois en France, on les a toutes financées. Il y en a deux en train de réussir, et il y en a une qui est tombée », avait déclaré M. Dufourcq, estimant que la construction à Poulainville, dans la Somme, d’un important site industriel (une « gigafactory") avait été une « erreur ».

« On ne peut pas tout réussir dans la réindustrialisation », avait-il estimé. L’entreprise, placée en redressement judiciaire en mars 2025, avait supprimé 137 postes sur environ 200, avant d’être liquidée en décembre.

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